Pour une culture du débat comme vecteur du changement.

Publié le par REM

Pour une culture du débat comme vecteur du changement.
Problématique du changement.
« […] Pour cela, la tâche d’analyse ne peut pas être déléguée à un individu ou à un groupe désigné, elle doit être le fait de tous. Ce qui permet l’analyse, c’est le droit de parler pour chacun d’entre nous, d’être écoutés, d’entendre les réactions de autres à nos messages, d’échanger des idées parfois aberrantes, mais qui , si elles ne sont pas bloquées, seront celles qui procureront le plus de nouveauté au système social, qui démystifieront les constructions imaginaires, qui seront créatrices de neg-entropies et de nouvel ordre. On comprend pourquoi après les révolutions la parole est à nouveau confisquée par les ténors et les dirigeants : c’est pour que le manifeste redevienne la seule réalité. C’est donc bien au travers de la parole foisonnante, zigzagante, créatrice d’évènements et de liaisons improbables que l’analyse a lieu et que le changement peut se faire. Toutefois il faut remarquer que ces cinq conditions qui sont toutes indispensables pour qu’un changement social (une mutation du système) puisse advenir, sont rarement remplies simultanément. Cette constatation ne doit pas conduire ni à l’amertume ni à la passivité, mais au contraire à la jubilation d’entreprendre une œuvre dont on sait d’avance qu’elle ne se terminera jamais. Il faut supposer Sisyphe heureux disait déjà Camus ».

Eugène Enriquez. Problématique du changement.
Connexions N° 4 – 1972, p. 45.

Publié dans Prospective

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