Education du peuple par l’élite, une alternative à la démagogie et à la paresse

Publié le par REM

Par Armand Mamy-Rahaga

Obligation de la création de formes complexes pour accéder à des prises de consciences (décentration, abstraction, conceptualisation,complexification, problématisation, modélisation) efficientes.

Ensuite, distanciation avec ces formes qui ne sont que les moyens (comme la lenteur en Taï-chi-chuan qui permet de désengluer l’esprit du corps pour faire émerger la vraie vitesse qui n'est ni lente ni rapide).

Une fois la conscience désengluée, pour revenir vers le peuple, l'élite doit pouvoir inventer de nouvelles formes de communication, ce coup-ci sur le mode symbolique et culturel .Alors, on peut voir l'élite et le peuple comme une unité dont la survie et l'adaptation aux conditions de l'existence dépendent de la fécondité de leur mise en tension ( ou de leur stérilité), ils ne peuvent avancer qu'ensemble. Cette tension féconde est une tension d'amour, de civilisation et de par conséquent de non-violence; un mode du vivre ensemble concret et pragmatique qui n'évacue pas le combat et la rigueur.

L’idée est celle d'une boucle récursive peuple- élite-peuple-élite; l'exact contraire de ce qui se passe actuellement: l’élite s’éloigne sans se retourner et du fond de son marais, tout en coulant, le peuple aspire en vain au mirage d’une réussite sociale semblable à celle de cette élite dédaigneuse et hautaine.

Et pourtant il ne s'agit seulement que d'une réussite individualiste, égoïste et consumériste d’où les valeurs profondes sont neutralisées. La vertu essentielle de la culture populaire qui est la reliance y disparaît alors au profit du snobisme culturel bourgeois-bohême qui sépare les gens, chacun étant devenu sa propre hypothétique idole, sa tour de Babel personnelle où il est la proie impuissante de fantasmes qu'il n'a même pas choisis... Qui a dit que l'homme est un être social?

AMR

Publié dans Prospective

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